La préfecture de Kagawa est connue pour être l'une des régions les plus arides du Japon. Ses précipitations annuelles représentent environ la moitié de la moyenne nationale, et, du fait de sa situation au sein des monts Shikoku, les fortes pluies n'atteignent souvent pas la préfecture
La préfecture de Kagawa possède donc le plus grand nombre de réservoirs Japon. Ils témoignent d'un savoir-faire pratique, fruit de l'ingéniosité et du labeur de nos ancêtres qui, confrontés à des pénuries d'eau répétées, ont su les bâtir.
Les prières incarnées dans Kukai et l'étang Mannō
Situé au centre de la préfecture de Kagawa, l'étang Mannō est l'un des plus grands réservoirs d'irrigation du Japon. Son histoire est ancienne, remontant au VIIIe siècle. L'étang, dont les berges avaient débordé à plusieurs reprises, fut réparé par Kūkai, également connu sous le nom de Kōbō Daishi
Kūkai, un jeune moine de retour de Chine sous la dynastie Tang, rapporta les techniques de génie civil les plus modernes. Sous sa direction, l'étang Mannō fut reconstruit en 817 et, depuis plus de 1 200 ans, il contribue à l'agriculture de la préfecture de Kagawa. Aujourd'hui encore, au printemps, une fête de l'étang est organisée, durant laquelle les habitants perpétuent le récit de cette réalisation remarquable
À la poursuite du « son de la pluie » en terre aride
tiens Setouchi Ambience qui se concentre sur le son de la pluie
Contrairement à d'autres régions, nous connaissons rarement de fortes pluies. C'est pourquoi j'ai des endroits où même une pluie fine peut produire des sonorités riches . Pour cette vidéo, j'ai délibérément enregistré en marchant dans des ruelles étroites. Toits en tôle ondulée, asphalte, pavés, fossés de drainage : chaque matériau produit un son différent, résonnant comme un petit orchestre.
Un vaste monde créé par un peu de pluie
Même une pluie fine prend une dimension sonore étonnamment tridimensionnelle lorsqu'elle est captée par un microphone. Le rythme des gouttes de pluie tombant sur un toit en tôle ondulée, le bruit de l'eau s'écoulant dans une gouttière – ces sons nés à la frontière entre les objets construits par l'homme et la nature – nous révèlent la beauté discrète qui se cache dans le quotidien
La pluie à Kagawa est brève et silencieuse. Pourtant, dans ce calme, on perçoit les strates du temps qui se sont écoulées, témoins de la coexistence harmonieuse des hommes et de la nature. Prenez un instant pour écouter les sons en même temps que la vidéo. Quelques minutes de pluie suffisent à apaiser votre âme

